Le parler encore en usage au milieu du XXè siècle (années 1940-1950) à la campagne à Coullons, dans le nord-est de la Sologne, a été ma langue maternelle. Il n’avait que peu évolué depuis la seconde moitié du XIXè siècle et très certainement, depuis beaucoup plus longtemps, ses origines remontant au moyen âge.

Il était moins employé dans les villages où l’on “parlait mieux”. Mais les personnes âgées qui n’avaient souvent fréquenté l’école dans les débuts de la IIIè République* que pendant la mauvaise saison, période de l’année durant laquelle les animaux qu’elles gardaient restaient à l’étable, avaient conservé le parler de la campagne.

Dans mes souvenirs, les landes avec leurs bruyères roses, leurs ajoncs jaunes et acérés et leurs genêts restent bien présentes. Autre souvenir, celui des lapins qui pullulaient à cette époque et que l’on chassait au furetage et à la fourche en longeant les haies dans lesquelles ils étaient en bauge dans les herbes sèches.

En ce qui me concerne, le français n’est venu s’ajouter à ce parler que lorsque je suis allé à l’école, mais il ne l’a pas remplacé…

Pour ce glossaire, j’ai bien sûr fait appel à ma mémoire ; j’ai cependant consulté plusieurs ouvrages traitant des patois solognot et berrichon puisque Coullons est situé à la limite de ces deux régions géographiques. Mais je ne leur ai rien emprunté qui n’ait appartenu au vocabulaire de mon enfance.

En les lisant, j’ai constaté que ce patois était très localisé. Ainsi, à 20 ou 30 km de distance -à Souesmes ou à Vailly par exemple- (voir carte), il était souvent différent, aussi bien dans sa forme que dans son sens. Les faibles déplacements et échanges de population d’autrefois en sont très certainement la raison. Pendant des siècles, les gens de la campagne n’ont eu que leurs jambes pour se déplacer. Puis, au XXè siècle est apparu le vélo qui a permis des déplacements plus importants ; mais il ne s’est répandu que lentement à cause du faible pouvoir d’achat de l’époque.

Dans mon enfance, on n’allait guère au-delà de Gien (16 km) ou, beaucoup plus rarement, à Sully (25 km), pour des foires, le moyen de transport utilisé étant encore la voiture à cheval. Il y avait des autos bien sûr, mais pas de carburant pendant l’occupation ou l’immédiat après-guerre, période durant laquelle les tickets de rationnement n’ont disparu que progressivement.

Je me suis aussi intéressé à l’origine de ces mots de patois, et, lorsque j’ai pu la trouver, j’ai constaté qu’ils proviennent surtout du français du Moyen Age. Ils n’ont assez souvent que peu évolué, voire même pour certains mots pas du tout.

En ce qui concerne les étymologies indiquées, je me garderai bien d’en garantir l’exactitude : je les ai trouvées au cours de mes recherches et elles m’ont semblé plausibles. Mais je ne suis pas du tout spécialiste et je ne m’y suis intéressé que pour satisfaire ma curiosité.

 

* En 1881-1882, Jules Ferry fit voter des lois rendant l’école gratuite, obligatoire et laïque.

Mais la pauvreté étant grande à l’époque et les familles souvent nombreuses, les parents se trouvaient dans l’obligation de placer leurs enfants très jeunes dans des fermes où ils gardaient les animaux en échange de leur nourriture. Ces enfants ne fréquentaient donc l’école que pendant la mauvaise saison, quand les animaux restaient à la ferme.

 

Gilbert Perdieus

février 2013

 

La Sologne

 

 

Les mots

 

Mode de lecture du glossaire

 

Mot solognot

Sens en français

Étymologie (lorsque j'en ai trouvé une)

Exemple d'emploi du mot

 

 

Tableau des abréviations

 

 

Note : Un patois étant par nature une langue essentiellement orale, je me suis efforcé de donner aux mots une graphie correspondant au mieux à leur prononciation.